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Ce spectacle met en lumière trois histoires
qui présentent une singulière similitude, au cours
de ces trois derniers siècles, celle de Camille Desmoulins
en 1794, d'Alfred Dreyfus entre 1894 et 1899 et celle des époux
Rosenberg de 1951 à 1953.
En préambule, nous présentons sous forme de brèves
journalistiques, des cas d'injustice du XXIème siècle
(actuellement Aung San Suu Kyi, Mumia Abu Jamal, Ngawang Sangdrol).
Ces flashs d'information changeront en fonction de l'actualité.
Le spectacle met en scène
les dernières lettres de Camille Desmoulins à sa
femme Lucile avant leur exécution en avril 1794, sous
le régime de la Terreur et les correspondances échangées
par Ethel et Julius Rosenberg (publiées sous le titre
« Lettres de la maison de la mort ») avant leur exécution
en juin 1953, pendant la Guerre Froide.
Si les Desmoulins et les Rosenberg ont connu la fin tragique
que nous connaissons, Alfred Dreyfus a trouvé en la personne
d'Emile Zola, un défenseur plein de verve et de conviction
qui a contribué à lui rendre la liberté
et, à plus long terme, à le réhabiliter.
C'est par ce plaidoyer que nous concluons notre spectacle.
Lucie et Alfred Dreyfus, comme
les Desmoulins et les Rosenberg se sont écrits des lettres
très émouvantes (publiées aux Editions Mille
et une Nuits en 2005) mais c'est en donnant la parole à
leur défenseur que nous les évoquons. "J'accuse",
sa lettre ouverte adressée au président de la République,
Félix Faure, est publiée le 13 janvier 1898 en
première page du quotidien
L'Aurore.
L'histoire, nous le savons,
se répète dans ses injustices, ses erreurs et ses
déraisons. Camille et Lucile Desmoulins puis des années
plus tard, les Dreyfus et enfin les Rosenberg ont été
les victimes d'une justice partiale où la Raison d'Etat
broyait la raison.
Face aux délires de l'humanité, ces trois couples
n'ont pas perdu le goût de la vie. A travers leurs correspondances,
ils continuent à faire preuve de force, de dignité
et d'amour. L'adversité ne parvient pas à ébranler
leurs principes et leurs idéaux .Ils délivrent
ainsi à leurs jeunes enfants respectifs une incroyable
leçon de vie.
Ce spectacle plein de fièvre
et de pudeur, n'est pas un nouveau procès cherchant à
innocenter ou à condamner les personnages. Il est plutôt
une lutte pour le respect de la vie et de la justice. Les différents
textes sont interprétés afin d'en restituer toute
la modernité et toute l'humanité.
Emile Zola se place symboliquement en tant que défenseur
de ces trois couples en prise avec les abus de pouvoir et la
justice. Cette lettre lui a d'ailleurs valu un procès
et l'a contraint à l'exil. Les circonstances de sa mort
en 1902 restent suffisamment obscures pour réaliser les
risques qu'il a encourus en l'écrivant.
Son engagement de citoyen a permis alors d'éveiller les
consciences et de déstabiliser les pouvoirs établis.
Puisse-t-il encore de nos jours nous maintenir en éveil
!
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